Un résultat dicté par l’émotion
Commentaire d’Andrea Burgener Woeffray, anciennement présidente de l’Association Suisse pour la Protection de l’Enfant, actuellement présidente suppléante de la Fondation Suisse pour la Protection de l’Enfant
La Fondation Suisse pour la Protection de l’Enfant constate que les sentiments d’horreur suscités par les “actes d’ordre sexuel et pornographique commis sur des enfants impubères » l’ont emporté sur l’appréciation rationnelle qualifiant cette initiative de contraire au principe de proportionnalité et d’inadéquate. Le fait que cette initiative a été acceptée donne un mauvais signal aux victimes. On leur laisse entendre qu’elles peuvent avoir la conviction et la promesse que tout au long du processus nécessaire pour surmonter un délit d’une telle gravité, il sera possible à n’importe quel moment d’apporter suffisamment de preuves pour confondre l’auteur. Ce ne sera pas le cas.
Dans un premier temps, rien ne changera pour les victimes. Le législateur devra d’abord clarifier les notions imprécises qui figurent dans le texte de l’initiative et élaborer un projet de loi approprié. Si l’initiative avait été rejetée, une loi modérée serait entrée immédiatement en vigueur : il s’agit du contre-projet du Conseil fédéral et du Parlement. Madame la Conseillère fédérale Widmer-Schlumpf estimait elle-même que toutes ses ressources n’avaient pas été épuisées, jugeant réaliste et applicable de prolonger encore le délai de prescription.
Vous trouverez ici la position de la Fondation Suisse pour la Protection de l’Enfant.



