rubriques

symbolbild

Conseils pratiques pour une éducation non-violente

Education non-violente - quelques conseils

Bravo!

Tout comme nous, les enfants ont plaisir à recevoir des compliments et des marques de reconnaissance. Ils aimeraient – comme nous – recevoir la confirmation qu’ils ont bien fait, ils souhaitent qu’on le reconnaisse. Même si le résultat de leurs efforts ne correspond pas tout à fait à nos attentes, nous encourageons l’enfant, par nos compliments, à faire d’autres tentatives. Quand nous encourageons les enfants, ils gagnent en confiance, se sentent sûrs d’être «sur la bonne voie».

Il est important de soutenir les enfants dans leurs intentions et dans ce qu’ils font. Nous devrions avant tout nous concentrer sur ce que l’enfant fait bien et ne pas mettre au premier plan ce qu’il fait mal. Félicitez l’enfant pour son aide, même si les pommes de terre ne sont pas pelées parfaitement. Ne le blâmez pas pour ce qui manque ou n’est pas bien. Mais montrez-lui que vous appréciez ses efforts – en lui indiquant comment il pourra encore mieux s’y prendre la prochaine fois. Il est important que ce que l’on souhaite soit clairement reconnu. Félicitez l’enfant directement et dites-lui précisément à quoi se rapporte votre compliment! Il faut aussi lui dire ce que vous voulez - et non pas ce que vous ne voulez pas. Partez donc toujours de quelque chose de positif.

Il y a beaucoup de choses que les enfants ne réussissent pas du premier coup. Ils posent des questions et s’informent, souhaitent voir, entendre ou sentir les réactions de leurs parents. Ne vous contentez donc pas d’encourager l’enfant par des mots seulement, mais aussi par un sourire, par un regard, en le serrant contre vous 

Regarder d’abord, parler ensuite

Les parents souhaitent souvent que leurs enfants leur accordent toute leur attention. Nous voulons qu’ils écoutent ce que nous avons à leur dire. Il est plus aisé d’y parvenir lorsque nous n’essayons pas de parler à l’enfant depuis l’autre bout de l’appartement, (par exemple de la cuisine à sa chambre). Il est important de chercher le contact avec notre enfant également par les yeux, non pas en le regardant d’en haut mais en nous mettant à la hauteur de l’enfant. Nous pouvons atteindre les enfants par notre regard. Lorsque nous sommes en contact avec eux par le regard, l’échange par les mots réussit mieux.

Il y a mille raisons de se fâcher à propos du comportement des enfants. Les enfants oublient parfois ce dont il a été convenu auparavant, ils enfreignent les règles, etc. Il est important que nous les rendions attentifs lorsqu’ils ne respectent pas certaines règles – sinon les règles perdent leur signification.

Mettez en cause le comportement de l’enfant et non pas l’enfant lui-même. Les phrases du type «Tu es...», «Tu fais...», «Combien de fois faudra-t-il encore te le répéter ...» etc. sont souvent suivies de graves reproches lors de situations conflictuelles et attaquent l’enfant et sa personnalité. Elles condamnent, critiquent, représentent une contrainte. Les phrases qui commencent par vos sentiments («Je me sens ...», «Cela me met en colère ...» etc.), montrent aux enfants que nous aussi les parents avons des sentiments – et que nous avons besoin de l’aide des enfants pour résoudre le problème. Les enfants seront beaucoup plus disposés alors à écouter nos requêtes et à modifier leur comportement. 

Montrer et proposer des alternatives

Les enfants ne devraient pas seulement savoir ce qui nous déplaît, quel comportement nous dérange et nous contrarie. La critique que nous faisons du comportement de l’enfant ne doit pas seulement se limiter à un aspect négatif. Il est important de lui montrer et de lui proposer des alternatives positives souhaitables.

Exemple: A peine les enfants commencent-ils de se déplacer seuls qu’ils se mettent à s’intéresser par exemple à la bibliothèque murale, aux étagères ou aux livres eux-mêmes. Les livres valent la peine d’être découverts et explorés. Mais personne n’appréciera que ses livres subissent des dommages. Avant de vous retrouver dans un stress permanent et de devoir constamment surveiller l’étagère des yeux, proposez à votre enfant des livres à lui, une partie de l’étagère sur laquelle se trouvent des livres accessibles à l’enfant et dont il peut faire ce qu’il veut.

Distraire et stimuler

Les activités et les occupations susceptibles d’intéresser et d’absorber les enfants ne sont pas obligatoirement coûteuses. Les chambres d’enfants ne doivent pas déborder d’acquisitions toujours nouvelles. Veillez en revanche à ce que l’enfant ait des possibilités de jouer, de s’occuper et aussi d’apprendre, par exemple en lui proposant des matériaux naturels ou des objets de son entourage – boîtes, revues, draps, ustensiles ne présentant pas de danger, que vous n’utilisez plus, etc. Encouragez vos enfants à faire quelque chose de leurs doigts, à peindre et à bricoler ... à faire des expériences sensorielles, à se mouvoir et à se familiariser avec la musique.

En mettant eux-mêmes la main à la pâte, les enfants n’apprennent pas seulement des choses nouvelles. Ils deviennent plus créatifs et plus indépendants et ils développent la capacité de se consacrer à une activité donnée de manière concentrée pendant une durée prolongée. S’il en résulte des objets ou des inventions qui plaisent aux enfants et à vous-même, leur estime de soi s’en trouvera encore renforcée. 

Modifier l’environnement, pas l’enfant

Les plaques brûlantes de la cuisinière, les prises de courant, les escaliers raides, les objets précieux, les objets dangereux (couteaux, lames de rasoir, allumettes, etc.), les routes, etc. sont des sources de danger quotidiennes pour les enfants et impliquent un stress quotidien pour les parents.

Vous pouvez vous épargner beaucoup de contrariété et de stress en adaptant votre environnement aux besoins et au degré de développement des enfants: cachez les prises plutôt que de craindre constamment que l’enfant risque, au cours de ses investigations, de toucher le circuit électrique. Bloquez les escaliers trop raides, placez hors d’atteinte des enfants les objets qui vous sont précieux, etc.

L’aménagement de votre environnement en fonction de l’enfant ne vous épargne pas seulement du stress et une surveillance permanente mais aussi de nombreux conflits. Vous n’avez pas besoin de mettre les enfants constamment en garde et de les retenir sans cesse en leur disant «Non, c’est trop dangereux, tu n’as pas le droit».

Faire supporter les conséquences, ne pas punir

Il se peut que les punitions mettent fin à court terme à un comportement dérangeant, mais elles n’offrent pas aux enfants la possibilité d’un autre comportement souhaitable. Les punitions sont ressenties comme une humiliation, elles restreignent, traduisent un refus – et intimident. Elles peuvent en outre susciter de la violence en contrepartie, des sentiments de rage et des idées de vengeance. Elles empêchent que l’on réfléchisse au problème et encouragent des stratégies d’évitement plutôt que la clairvoyance (ou bien pouvez-vous affirmer, en ce qui vous concerne, que vous n’avez plus jamais roulé trop vite depuis votre dernière amende pour excès de vitesse?).

Les punitions peuvent aussi porter préjudice à la relation (éducative). Elles sont l’expression de relations inégales, de pouvoir et de hiérarchie. De surcroît, les punitions sont souvent annoncées par des‚ «Si tu, alors je»‚ et sont donc des menaces. Dans la situation concrète, il n’y a peut-être même plus aucune rapport entre le comportement réprimé et la punition: «Si tu ne ranges pas ta chambre, tu ne pourras pas venir au match de foot.»

Les conséquences en revanche sont directement liées au comportement de l’enfant. Ce sont des suites naturelles de ce qu’il a fait ou n’a pas fait et devraient donc lui faire entendre raison. Elles s’appuient aussi sur des points dont il a été convenu. L’enfant a la liberté de respecter ce dont il a été convenu (et donc les conséquences) ou pas. 

Se disputer / Résoudre les conflits de manière constructive

Les conflits font partie de la condition humaine. Les conflits sont désagréables pour la plupart des gens. Ils sont dans de nombreux cas synonymes de stress, nous ‘énervent’ et nous usent. Dans nos efforts pour mener une vie harmonieuse, nous avons tendance à éviter les conflits ou à les nier. Cela ne peut pas être la bonne voie.

En même temps, notre capacité de résoudre les conflits de manière constructive et non violente n’est que faiblement développée. Résoudre des conflits signifie se confronter avec d’autres personnes, avec ses propres sentiments et des schémas comportementaux bien rodés.

Les conflits sont la conséquence de conceptions et d’opinions différentes quant aux objectifs poursuivis.

Exemple: vous vous trouvez avec votre enfant et un chariot dans la file d’attente, à la caisse d’un centre commercial. Il est bientôt midi. A gauche et à droite des caisses, il y a des étagères pleines de barres de chocolat et autres sucreries – à bonne hauteur, de manière à ce que les enfants puissent se servir directement depuis le chariot. En tant que parent, vous n’aimeriez pas que votre enfant se coupe l’appétit avec des sucreries avant le repas. Votre enfant veut quelque chose, vous non. Que faire?


Il y a différents ’outils’ qui permettent de résoudre les conflits:

  • Regardez votre enfant dans les yeux et parlez-lui directement. Utilisez la forme «je». Evitez de généraliser mais exprimez ce que vous pensez personnellement.
  • Laissez parler votre enfant, ne l’interrompez pas constamment et soyez attentif (ou attentive) à ses besoins et à ses intérêts.
  • Evitez les accusations.
  • Restez dans le sujet.
  • Cherchez une solution avec laquelle votre enfant puisse être d’accord.
  • Décidez-vous, avec votre enfant, en faveur d’une solution possible et formulez clairement ce dont vous convenez.

Les conflits avec les enfants peuvent surgir très soudainement, comme l’épisode du centre commercial. Ils peuvent aussi se développer lentement, progressivement, durant des jours, sans que l’on décèle de déclencheur direct. C’est alors à vous qu’il appartient d’exprimer votre problème.

  • Formulez votre malaise, votre contrariété, votre frustration en disant «je». Dites à l’enfant ce que vous observez et comment vous vous sentez.
  • Demandez à votre enfant s’il comprend votre contrariété, vos sentiments.
  • Essayez de décrire votre part de responsabilité au conflit et celle de l’enfant.
  • Réfléchissez ensemble aux solutions qui existent pour que de telles situations ne se reproduisent plus.
  • Décidez-vous ensemble en faveur d’un moyen permettant de contrôler la solution.

En cas de conflits avec de jeunes enfants, il se peut que vous deviez analyser seul(e) la situation. Prenez du temps, installez-vous confortablement et essayez de comprendre clairement comment se présente le problème à vos yeux et comment il doit se présenter aux yeux de votre enfant.

Cherchez quelles sont les solutions possibles – comme dans le cas d’autres conflits et problèmes. C’est une preuve de force si vous cherchez l’aide de tiers (par ex. voisins ou services spécialisés) si vous ne voyez pas de solution aux conflits existants. 

Plus d'informations

Brochure «Violence physique»:
Brochure 1 de la série de brochures «Education non-violente»