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Violence psychologique à l'endroit des enfants
Violence psychologique
Qu'est-ce que la violence psychologique?
La violence psychologique envers les enfants compte parmi les formes de violence les plus fréquentes; c'est pourtant celle qui est la moins visible car elle n'occasionne pas de blessures extérieures. Il n'est pas rare qu'on la banalise comme une «méthode d'éducation normale». Les parents et autres personnes de référence des enfants (enseignantes et enseignants, éducateurs et éducatrices) recourent quotidiennement, activement ou passivement, — c'est-à-dire sans le vouloir ni même le remarquer — à cette forme de violence. La violence psychologique est également utilisée entre adultes et entre enfants et adolescents. La violence psychologique est loin d'être employée toujours seule et elle apparaît souvent conjointement à d'autres formes de violence. La violence sexuelle par exemple représente toujours une violence psychologique. Plus la fréquence de situations de ce type est grande dans la vie d'un enfant, plus il est affecté régulièrement par une forme donnée de violence psychologique — autrement dit, plus la violence psychologique devient systématique — plus il aura à souffrir de ses conséquences. Fréquemment, la violence psychologique est la première manifestation d'une relation difficile entre les adultes, les parents, les personnes de référence et les enfants. Les enfants qui ont besoin de l'attention bienveillante des adultes ne peuvent pas se défendre, deviennent soumis ou se sentent responsables de l'échec de la relation. Il n'est pas rare que dans cette position difficile, les enfants conçoivent des stratégies de survie qui les font paraître finalement comme des «enfants difficiles».
Quelques exemples de violence psychologique?
Repousser, rejeter, humilier, ridiculiser:
Félix qui a une surcharge pondérale a eu, une fois de plus, une mauvaise note de dictée. L'enseignant rend les travaux aux élèves. Il s'arrête devant Félix et commente en souriant: «Les enfants minces sont moins lourdauds que toi!» L'enseignant exerce une violence psychologique envers Félix, car il le ridiculise et l'humilie devant toute la classe en raison de son apparence et de ses mauvais résultats.
Isoler:
Toutes les filles de la classe de Nathalie ont le droit de passer le mercredi après-midi à la piscine durant la belle saison. Les parents de Nathalie estiment préférable qu'elle fasse d'abord ses devoirs et sont d'avis que leur jardin est un endroit de jeu idéal quand on a douze ans. Si elle ne veut pas être seule, elle peut inviter une copine à la maison, dit la mère de Nathalie. Les filles de sa classe trouvent Nathalie bizarre, car elle rentre toujours tout de suite à la maison. Les contacts sociaux importants avec d'autres enfants sont fortement limités par les parents, dévalorisés ou même interdits. Les parents fixent des limites inadaptées à la liberté de mouvement de leur enfant.
Brimades:
Jean doit jouer tous les jours le même morceau au piano — un morceau qu'il devra prochainement jouer en public. Bien qu'il n'aime pas jouer du piano, il est contraint de s'exercer tous les jours. Sa mère s'assied à côté de lui et le réprimande à chaque faute; sinon, elle ne s'occupe guère de lui. Jean fait déjà les courses seul. Il rentre à la maison lourdement chargé de sacs à provisions. Sa mère contrôle tous les achats dans les moindres détails. Si quelque chose manque ou que Jean a choisi le mauvais produit, il se fait punir. Sa collection de coquillages, qu'il aime plus que tout, a été récemment victime de l'un des accès de colère réguliers de sa mère. L'adulte, qui a à l'égard de son enfant des attentes rigides ou irréalistes et le menace en même temps de punitions ou de coups s'il n'arrive pas à y répondre, lui fait subir une violence psychologique. La contrainte répétée de faire des choses pénibles ou qu'on n'aime pas faire — par exemple s'exercer au piano alors que l'enfant ne veut expressément pas jouer du piano — est une brimade et, en tant que telle, une forme de violence psychologique tout comme la destruction d'objets chers à l'enfant.
Combien d'enfants sont-ils concernés par la violence psychologique?
Même si la violence psychologique envers les enfants est très répandue, il est difficile d'estimer le nombre d'enfants concernés. Il n'existe pas d'études scientifiques sur la question. Il est établi néanmoins que la violence psychologique est l'une des formes les plus fréquentes de violence envers les enfants. Les enfants qui sont exploités physiquement et sexuellement ou négligés subissent, à côté de la violence physique, une violence psychologique. Si la violence psychologique est exercée seule, il est généralement difficile d'en donner la preuve, car elle ne laisse pas de traces physiques. Très souvent, les enfants trop «sages» ne sont pas perçus comme des «victimes» potentielles; bien au contraire, les performances éducatives des parents sont estimées et reconnues.
Dans quel contexte la violence psychologique se produit-elle?
En principe, personne n'est totalement à l'abri du recours à la violence psychologique. Vu l'ampleur avec laquelle cette forme de violence est appliquée, il n'est guère possible de dégager des caractéristiques des auteurs et auteures et d'identifier des situations et des conditions spécifiques. La majorité des adultes exercent une violence psychologique envers les enfants. Dans ces conditions, il n'est pas possible de relever des traits typiques de la personnalité. Les caractéristiques de ceux et celles qui recourent à la violence sont autant «normales» que la violence envers les enfants est «normale» (en termes de statistique). Des résultats de recherches tendent à montrer que plus une famille est confrontée à des difficultés, plus le risque de recourir à la violence augmente (également à la violence psychologique et en particulier verbale). Pour déterminer les causes de la violence, il faut toujours prendre en compte de nombreux facteurs différents. Généralement, les facteurs individuels, familiaux, sociaux et sociétaux se conjuguent. Quand des crises personnelles, des problèmes de couple et d'emploi, des ennuis de santé, des difficultés financières, scolaires et autres s'additionnent, que l'offre d'aide et de soutien est faible, que la violence est largement admise, etc. le risque que la violence se produise est élevé.
Quelles peuvent être les conséquences de la violence psychologique?
Dans l'immédiat, la violence psychologique suscite chez l'enfant des sentiments négatifs. Il se sent abattu, humilié, ridiculisé, inférieur, perdu et sans espoir. La violence psychologique peut avoir pour conséquence de nombreux problèmes différents. Les principaux qu'il faut citer sont les mensonges, le vol, un comportement agressif en général, souillures par des excréments, incontinence nocturne, faible estime de soi, instabilité émotionnelle, peurs, difficultés à apprendre, résultats scolaires faibles ou insuffisants, incapacité d'avoir confiance, dépression, repli sur soi ou même meurtre ou suicide.
